12 December, 2019

Une nouvelle convention pour protéger les travailleur.euse.s

Pour son centenaire, l’OIT a frappé un grand coup : la Convention 190 sur la violence au travail a été adoptée ! La commission normative de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) a adopté le vendredi 21 juin 2019 la Convention 190 et la Recommandation 206 visant à éradiquer la violence et le harcèlement dans le monde du travail. WSM a pu peser sur les négociations, accompagnée de ses organisations partenaires. 

En 2018, l’Organisation Internationale du Travail (OIT), alertée depuis des années par les conséquences catastrophiques de la violence et du harcèlement dans le monde du travail, lançait un processus normatif visant à élaborer une norme internationale contraignante pour lutter contre ce fléau inacceptable.

Après deux sessions de travail intenses organisées lors de la Conférence Internationale du Travail (CIT) de juin 2018 et 2019, les travaux ont abouti, sous les applaudissements des 500 personnes composant la commission normative, éreintées par deux semaines de labeur les ayant conduit parfois jusqu’aux heures les plus tardives.

Huit ans après l’adoption de la dernière Convention visant à protéger les travailleur.euse.s domestiques, l’OIT tient donc sa toute nouvelle réglementation, qui constitue la preuve que cette instance multilatérale parvient encore à engranger des succès, malgré les turbulences géopolitiques et les antagonismes politiques qui secouent notre planète. Cette adoption constitue aussi une victoire du dialogue social, l’OIT étant une institution qui rassemble travailleur.euse.s, employeurs et États, dans un esprit permanent de recherche du consensus.

Les syndicats et la société civile du monde entier se sont mobilisés pendant plus de deux ans afin que cette norme voit le jour. WSM était également présente à Genève lors de la Conférence Internationale du Travail qui a abrité les négociations en juin passé, avec d’autre ONG’s et syndicats partenaires membres du réseau thématique international sur le « droit à la protection sociale ».

Les partenaires de WSM ont joué un rôle central

«  C’est magnifique, nous avons mené une campagne intense de sensibilisation et de plaidoyer pour convaincre que nous avions besoin de cette Convention, et désormais, c’est devenu réalité  », a réagi Patricia Jimenez(la deuxième à gauche sur la photo), du syndicat dominicain CASC.

Pour Ema Liliefna (tout à droite sur la photo) du syndicat KSBSI, Indonésie, proche de l’équipe négociatrice menée par la canadienne Marie Clark Walker (syndicat CLC), « les travailleur.euse.s pourront désormais être protégé.e.s contre tous les types de violence qu’ils(elles) peuvent rencontrer et cela dans l’ensemble des lieux où ils(elles) effectuent leurs tâches, qu’ils(elles) travaillent dans le secteur formel ou informel, comme c’est le cas de la grande majorité des travailleur.euse.s en Asie, Amérique latine et Afrique. La violence touchant particulièrement les femmes et d’autres publics vulnérables, comme les jeunes, les personnes âgées, les handicapés et les LGBTI+, je suis aussi très heureuse que ces instruments mettent l’accent sur leur nécessaire protection  ».

«  Lors des négociations, le bloc des syndicats était presque exclusivement représenté par des femmes. C’était sans précédent, tant les représentant(e)s du syndicalisme international sont généralement des hommes, qu’ils viennent du continent sud-américain, asiatique, européen ou africain » explique Graciela Lopez (à gauche sur la photo), de la Marche Mondiale des Femmes

« L’influence du mouvement #MeToo a clairement pesé dans les discussions en indiquant que la violence contre les femmes doit être au centre des préoccupations. La force de mobilisation des femmes a clairement permis l’adoption de ces instruments ambitieux ».

Après les célébrations qui ont suivi l’adoption de ces instrument, c’est désormais aux États de jouer ! Ils sont maintenant invités à ratifier la Convention. Toute Convention a en effet l’obligation d’être ratifiée par les 187 États membres de l’organisation qui doivent ensuite la traduire en loi et réglementation nationale. Quant à la recommandation, instrument non-contraignant complémentaire visant à donner des orientations pratiques aux États pour les aider à mettre en application la Convention, elle ne doit pas passer l’étape de la ratification, car elle s’applique directement.

WSM et l’ensemble de ses 82 partenaires en Asie, Afrique et Amérique Latine réunis au sein du réseau thématique « droit à la protection sociale » vont mettre en place prochainement des campagnes aux niveaux nationaux et régionaux afin de pousser les pays à très rapidement mettre en vigueur ces instruments !

Santiago FISCHER, Service Politique de WSM

Pour plus d’informations sur la 108ème Conférence Internationale du Travail :

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