27 noviembre 2019

WSM et ses partenaires d’Asie, Afrique et Amérique Latine participent à Genève à la « Semaine Mondiale sur la Protection Sociale »

Quatre jours de conférence de haut niveau sur la protection sociale universelle  (#USP2030) ont permis de partager beaucoup d'informations clés et de rencontrer des personnes actives sur le sujet. De nombreuses personnalités de haut niveau ont parlé de l'importance de la protection sociale et de la manière dont il faudra la réaliser d'ici 2030. Tant de changements nous attendent: climat - démographie - mondialisation - inégalités croissantes - autre marché du travail. Une transition est nécessaire et la protection sociale doit faire partie de cette transition !


Aujourd'hui, la protection sociale en tant que droit humain n'est pas une réalité. A peine 29% de la population mondiale ont accès à des systèmes globaux de protection sociale. 55% en sont totalement privés. Or, l'économie mondiale équivaut à plus de 100 milliards de dollars. Il y a donc assez d'argent pour envoyer tous les enfants du monde à l'école, pour fournir à chacun.e dans le monde des soins de santé de qualité, pour assurer à chacun.e dans le monde une protection sociale adéquate. Mais, il y a un hic ! Le monde compte 2000 milliardaires !, nous confie l'économiste Jeffrey Sachs. Des moyens, il y en a en suffisance! Ils ne sont juste pas distribués correctement."Ne pointez pas du doigt les pays à faible revenu, pointez plutôt du doigt des Donald Trump, Bill Gates ou Mark Zuckerberg. Qu'en est-il de leurs immenses fortunes ?!"

Que la protection sociale soit possible pour toutes et tous, qu'elle soit abordable, qu'elle ne soit pas un coût mais un investissement pour la société dépend, surtout, de la volonté du politique. Encore et encore, les mêmes messages reviennent pendant la Semaine mondiale de la protection sociale à Genève. L'Organisation internationale du travail (OIT) réunit actuellement les gouvernements, les entreprises et les mouvements sociaux afin de définir la voie à suivre vers une protection sociale universelle. Elle encourage à passer à la vitesse supérieure afin d'augmenter les probabilités d'atteindre l'objectif d'ici 2030. Cela dit, il reste encore beaucoup à faire!

"Cela existe sur papier, mais dans la pratique, c'est autre chose!"

Le but des Objectifs de Développement Durable (ODD ou SDG's en anglais), et plus précisément le numéro 1.3, est de mettre en place des systèmes de protection sociale qui protègent tout le monde, y compris les couches les plus pauvres et vulnérables de la population. La protection sociale commence par le dialogue social. Elle est une interaction nécessaire entre les employés - employeurs et les gouvernements. De nombreux systèmes de protection sociale sont construits à partir de la relation de travail (employé - employeur) et du statut juridique accordé aux personnes (salarié ou non salarié). Ces systèmes doivent évoluer et s'adapter à l'évolution des contextes dans le monde.

"Un système de protection sociale existe déjà en République Dominicaine. Au moins sur papier. La pratique est quelque peu différente. Étant donné que plus de la moitié de la population active est employée dans le secteur informel, ils n'ont pas droit à des prestations lorsqu'ils tombent malades". Altagracia Jimenez, représentant de notre partenaire syndical AMUSSOL, s'attaque immédiatement à l'un des nombreux problèmes. Construire un système officiel de protection sociale est une chose, couvrir l'ensemble de la population en est une autre.

De plus, il ne faut pas perdre de vue qu'il n'existe pas de système unique de protection sociale. Il est important de l'adapter à la réalité de chaque pays. Dès lors, la protection sociale doit être vue, par les Etats, comme un investissement global et non comme un coût. Investir dans la protection sociale contribue à la paix, à plus d'égalité et plus de démocratie. C'est un investissement public dans la justice sociale. Et, son déploiement montre un effet multiplicateur sur de nombreux autres Objectifs du Développement Durable.

Cependant, ne perdons pas de vue qu'il existe un déficit financier, à savoir que les pays les plus pauvres ne peuvent, à eux seuls, la financer. La solidarité est donc nécessaire de la part des pays les plus riches, et des riches de notre planète, envers les pays les plus pauvres. Selon les experts, une "protection sociale globale" est nécessaire, et va bien au-delà des "filets de sécurité" sur lesquels misent beaucoup de pays. Les meilleurs systèmes sont "universels"! 

Allons-nous résoudre ce problème simplement en organisant une Conférence Internationale ?

Au final, il semble difficile de formuler une réponse avec le monde entier alors que chaque continent, chaque pays, chaque région a ses propres réalités. D'après Koen Detavernier, chargé de plaidoyer chez WSM, une telle conférence a un sens : "Une conférence comme celle-ci peut renforcer la conviction que c'est possible. Si un pays est capable d'assurer une protection sociale universelle, les autres pays seront convaincus qu'eux aussi peuvent y arriver. Une telle conférence encourage vraiment les pays à investir dans la protection sociale et à la choisir dans leurs relations de coopération internationale."

Une fiscalité équitable est la clé ! Les multinationales doivent pouvoir être taxées équitablement ! Il est 'criminel' qu’aujourd'hui le monde compte environ 2000 milliardaires. Cette prospérité individualisée à l'extrême doit être partagée, demain, si nous voulons offrir à toutes et tous une protection sociale et atteindre les ODD d'ici 2030.

Le réseau appuyé par WSM

WSM était largement représentée lors de cette Semaine de la Protection Sociale à Genève. Notre délégation de 35 personnes  était principalement composée de représentants de nos nombreuses organisations partenaires d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine. Selon Koen Detavernier, il y a deux raisons principales d'être présent ici. "D'une part, nous sommes ici pour en apprendre davantage sur la thématique. Les experts présentent leurs points de vue, expliquent les stratégies futures, donnent des exemples concrets et partagent les résultats de leurs recherches. Mais l'idée est aussi de créer des contacts. Nous sommes à la recherche de nouvelles collaborations, par exemple, pour réaliser des aspects très concrets de la protection sociale sur le terrain. Cela se passe par des conversations informelles, des rencontres dans les couloirs, etc. Participer à cette conférence fait une différence et aide à faire avancer les choses."

  

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